Je m'assoie sur les marches du perron. L'air frais me fouette le visage. Un septembre bien rude cet année. Autant que mon c½ur. Coïncidence.
J'entends crier dans la maison, je crois reconnaitre la voix de mes deux meilleurs amis...enfin...si je peux encore dire ce mot...
Au bout de 5 minutes je me décide enfin à me lever. Retourner dans la maison ? Hors de question ! Je vais aller au parc, regarder l'eau du lac, en espérant que tout s'arrange...j'en peux plus d'être moi ! Cet ado tellement butté qu'il ne veut rien entendre, cet ado tellement débile qu'il n'a jamais voulu voir la vérité, cette ado si bête qu'il préfère rester digne en gardant cette ranc½ur enfouie en lui depuis trop longtemps. Je ne veux plus être ce stupide ado. Je ne veux plus être moi...
Quand je pense à ma vie d'avant...quand on était tous les deux...pourquoi je ne peux pas retourner en enfance ? Pourquoi ? Je veux être le gamin heureux aux côtés de son jumeau. Je veux mais je n'aurais rien. C'est impossible malheureusement.
Ce n'est que deux ou trois heures plus tard que je passe la porte d'entrée. Ma mère se trouve dans la cuisine avec mon père. Elle me fait un faux sourire quand elle me voit. Elle a les yeux rougis même si elle tente de le cacher.
_ Qu'est ce qui va pas ?
_ Rien Tom tout va bien pourquoi ?
_ maman regarde toi dans une glace et tu comprendras
_ Tom arrête, m'interrompe mon père
_ excuse moi m'man...
_ C'est rien mon chéri...Je me sens mal...est ce de ma faute si elle a pleuré ?
Je monte les escaliers menant à ma chambre. Mais en ouvrant je tombe sur Bill et me rappelle que c'est NOTRE chambre et non la mienne. Il a un sac devant lui et y plis ses affaires dedans. Voilà pourquoi ma mère n'allait pas bien. Son fils va encore partir. Mon frère s'enfui.
_ Tu fais quoi ?, demandais-je malgré tout
_ Tu vois bien
_ Je ne t'ai jamais demandé de partir
_ Tu me l'as assez fait comprendreSa voix est triste, même si il tente de la rendre juste normale. Il ne peut rien me cacher.
_ maman voudrait que tu restes
_ Mais toi non Tom ! Et je ne veux pas te causer plus d'ennuis ! Je t'en pris Tom parle à Andy...je suis sûr que c'est un malentendu...
_ Je ferais ce que j'ai envie !
_ Tom...
_ Point final, rajoutais-je afin qu'il me laisse en paix
Je m'assoie sur mon lit et prends ma guitare. Je commence ces quelques accords que j'aime tant...ceux que j'ai composés dans un moment de tristesse en pensant à Lui et moi... Bill continue de vider son étagère. J'ai beau essayer de ne pas le regarder, je ne peux faire autrement. Il sort un de ses anciens tee-shirts. Beaucoup trop petit à présent. Je me rappelle avoir sangloté en le serrant contre moi, avant de me dire que je n'avais pas le droit d'être si faible pour lui. Avant de m'empêcher de pleurer...pourtant depuis qu'il est là je n'arrête pas, comme si toutes les larmes que je m'étais empêché de verser s'écoulaient à présent.
_ Pourquoi avoir gardé ses habits ?
_ maman n'a pas voulu les jeterIl a l'air déçu. Surement s'attendait-il à ce que je lui réponde que ce n'était pas maman mais moi qui avait voulu. Ce n'est pas tout à fait faux.
Je continu de jouer à ma gratte, me laissant bercer par cette triste mélodie. Bill l'a trouvait belle la dernière fois. Au fond je suis content qu'elle lui est plu...
_ Tu sais...j'espère vraiment qu'un jour...qu'un jour on pourra à nouveau se reparler comme avant..., chuchote presque Bill
_ ...Que répondre à ça ? Je ne sais plus où j'en suis ! Je ne sais plus quoi penser ! Comment veut-il que je lui pardonne quelque chose qui m'a fait tant de mal ! Il a tué une partie de moi...il l'a tué et veut à présent la revoir...mais peut on faire ressusciter une partie de soi enterrée depuis des années ?
Il sort de la pièce voyant que je n'étais pas décidé à lui parler. C'est ainsi que passeront les heures suivantes : sans un mot.
...
J'ouvre les yeux, le soleil vient de s'infiltrer dans la chambre, me réchauffant au passage. Je m'étire et lance un regard comme tous les matins au lit de Bill. Sauf que contrairement aux autres jours, le lit est vide. Ce n'est pas habituel que mon frère se réveille avant moi. Je me décide à me lever, vais prendre ma douche, m'habille et descends enfin boire un truc. Je n'ai pas faim.
_ Bonjour, dis-je à mes parents se trouvant dans la cuisine
_ Bonjour, me répondent-ils
_ Où est Bill ?
_ Il est partiLe ton de ma mère est mélangé entre la dureté et la tristesse.
_ parti ?
_ Tom il devait rentrer à Paris !, s'exclame mon père
_ Mais...mais c'était pas cet aprèm ?
_ Il voulait voir un truc avant...son avion part dans deux heures je crois...
_ Ah...Finalement je n'ai plus soif...
_ Je sors
_ Tu va où ?, demande ma mère
_ voir Andréas...je pense manger avec lui à midi
_ d'accord...ne rentre pas trop tard...
_ Ne t'en fais pas pour ça m'manJe vais donc taper à la porte de chez Andy. Il m'ouvre et sors dehors avec moi.
_ Je suis désolé pour hier...
_ Content de te l'entendre dire...je ne voulais pas te faire de mal Tom...
_ Je sais...mais comprends aussi que tout ce qui concerne mon frère...je ne sais pas...j'ai des réactions bizarres quand cela le touche
_ C'est normal...
_ Comment ça ?
_ ...tu ne supporte pas que quelqu'un d'autre que toi s'approche de lui
_ Bien sûr que nan !
_ donne moi un seul prénom qui prouve ce que tu dis !
_ ...toi
_ Tu m'as rejeté Tom !
_ arrête Andy ! Je...j'ai juste un peu mal réagit !
_ C'est bien ce que je dis !
_ Georg
_ Georg tu le déteste
_ ...maman et Gordon !
_ C'est de ta famille ! Puis ne me dis pas que tu ne t'es jamais disputé avec eux par rapport à Bill !Il a pas tord...le pire c'est ça...c'est qu'il n'a pas du tout tord...
_ Pourquoi je suis comme ça Andy ?
_ Qu'éprouve-tu pour ton frère ?
_ De la colère, de la haine aussi je crois...
_ Et ?
_ ...de l'affection malgré tout...
_ C'est tout ?
_ Oui...je crois
_ Tu es sur
_ Oui
_ Vraiment sur ?
_ Tu cherche quoi là ?!
_ Tom regarde moi dans les yeux, ne me mens pas...c'est tout ?
_ Je...o...oui...Il ne lâche pas ses yeux des miens. Je ne peux m'échapper de ce regard. C'est une torture...il me cherche...il veut me trouver...il veut...il veut...
_ Merde Andy arrête !Il n'arrête pas...pas en si bon chemin
_ J't'en pris...Il n'est pas décidé à me laisser
_ DE L'AMOUR CA TE VA ??!!Il sourie
_ Oui ça me va...je voulais te l'entendre dire Tom
_ C'est mon frère c'est normal nan ?
_ Oui...si ce n'est que de l'amour fraternel c'est normal...
_ Tu insinue quoi par là ?
_ Rien Tom rien...ça te dis de manger en ville ?
_ O...non....non je...plus tard...je dois y'aller !Je pars en courant, sous les cris d'Andréas qui m'appelle.
Je monte les escaliers quatre à quatre, mes parents on vu juste un éclair passé. J'avance vers le bureau. Une lettre est posée délicatement. Je la prends.
« Tomi,
Je sais que je t'ai fais du mal, je regrette...j'ai pensais qu'un jour tu me pardonnerais...j'ai eu tord, je n'ai fais qu'empirer les choses. Tom tu as en deuxième page des paroles que j'ai écrite après avoir entendu ta mélodie que tu jouais encore hier...je ne sais pas si tu vas lire...je ne sais même pas si cette lettre ne sera pas directement jeté à la poubelle...mais je tente ma chance. Ces paroles c'est avec mon c½ur que je les ai écrite...c'est pour toi...
Il ne me reste pas beaucoup de temps, tu dors encore mais je sais que tu vas bientôt te réveiller...
Je préfère partir avant...je sais que je ne me retiendrais pas de te prendre dans mes bras et je sais que j'aurais mal sous ton rejet. Peut importe ton attitude envers moi, tu reste dans mon c½ur.
Je t'embrasse grand frère
Je t'aime toujours
Bill »Je prends la deuxième feuille. Son écriture est magnifique. Rette Mich. C'est ainsi qu'il a nommé sa chanson. Je dévore les paroles
[parole allemande ; parole française], verse une larme, l'essuie, et jette la lettre sur le bureau. Je dévale les escaliers et cours jusqu'à l'aéroport qui se trouve à environ 20 minutes.
Je suis essoufflé mais je ne m'arrête pas. J'entre et le cherche des yeux. Il est 13h02...je me précipite sur une caisse.
_ Un billet pour paris s'il vous plait
_ Quel jour ?
_ Aujourd'hui, le plus vite possible
_ Désolé monsieur mais il n'y en a pas avant demain mat...
_ cherché bien il y a un avion pour Paris qui va partir ! Il me le faut !
_ monsieur calmez vous l'avion va décoller dans même pas une minute ! Vous ne pouvez pas le prendre !
_ Je le veux ! Grouillez vous !
_ Monsieur cela est impossible...Je repars en colère vers l'endroit où Bill a du rejoindre son avion.
_ BIIIIIIIIILL !!! BIIIIIIILL !!!J'ai beau hurler, il ne m'entendra pas...il ne m'entendra pas car c'est trop tard...
_ J'étais sûr que tu allais venir..., dis une voix derrière moi
...